Coronavirus : contamination mystérieuse sur le porte-avions Charles de Gaulle

Par mesure de précaution, la ministre des Armées a décidé d’accélérer le retour du porte-avions Charles de Gaulle en raison de l’apparition de symptôme du Covid-19 chez une quarantaine de membres de l’équipage. Ce qui suscite de nouvelles questions sur la propagation du virus.

Des Toulonnais assistent au depart du Porte-Avion du rivage du Mourillon. Appareillage de la base navale de Toulon du porte avions Charles de Gaulle pour la Mediterranee orientale en soutien a l’operation Chamal de lutte contre le groupe terroriste Daech.

Le ministère des Armées a annoncé mercredi le retour en France du porte-avions français Charles de Gaulle, en raison de l’apparition chez les membres de l’équipage de signes du Covid-19. Par chance, le bâtiment, parti de Toulon le 21 janvier dernier, navigue actuellement au large du Portugal et pourra donc revenir rapidement sur sa base de Toulon.

En 48 heures, une quarantaine de marins ont déclaré des signes d’états grippaux, qui font penser au Covid-19. Ils ont été mis à l’isolement à l’avant du navire dans une zone qui a été mise en dépression, afin d’éviter toute contamination aérienne du navire. Aucun des marins confinés ne présente pour l’heure de signes graves de la maladie et le porte-avions dispose d’une salle d’hospitalisation de 12 lits avec un scanner et des respirateurs.

Principe de précaution

Le retour est donc avant tout une mesure de précaution, d’autant plus facile à mettre en oeuvre que le Charles de Gaulle était en fin de mission, à la suite d’exercices menés en Atlantique Nord, dans le cadre de l’Otan, pour la protection des Etats baltes.

Son rappel n’a donc aucune conséquence militaire, mais suscite en revanche de nombreuses interrogations sanitaires. Car l’équipage du Charles de Gaulle n’a pas mis pied à terre depuis sa dernière pause à Brest, du 13 au 15 mars. En raison de la pandémie, l’accès au bâtiment avait été interdit à tous les visiteurs, les quelque 1.900 marins et pilotes du navire étant toutefois autorisés à débarquer pour rejoindre leurs proches. S’ils ont été infectés à cette occasion, cela signifierait que le temps d’incubation du virus Covid-19 dépasse largement le délai de quatorze jours généralement admis comme la zone à risque.

Préserver les équipages

Une équipe médicale du Service de santé des Armées a été envoyée mercredi sur le porte-avions pour dépister les malades et entraver au plus vite la propagation du virus. Mais à bord, les gestes barrière sont strictement imposés depuis la mi-mars : désinfection des rampes et poignées de portes, réduction du nombre de réunions, distribution de masques, distanciation sociale, « tout est mis en vigueur comme sur terre », précise le porte-parole de la Marine.

Une propagation rapide du virus à bord serait désastreuse, au moment où la Marine sollicite comme jamais ses équipes . Tandis que sa flotte doit poursuivre ses missions habituelles, la Marine mobilise aussi ses porte-hélicoptères pour le transport des malades, la logistique et, surtout, pour partir en renfort dans les territoires d’outre-mer . Doté d’un stock important de masques, gels, respirateurs, le Dixmude est en mer en direction des Antilles françaises, tandis que le Mistral vient de quitter Mayotte pour La Réunion.

Pour l’heure, la Marine affirme ne pas avoir détecté de malades du Covid-19 à bord de ses principaux bâtiments. En revanche, elle compte quelque 200 personnes touchées dans les bases à terre. Samedi dernier, la ministre des Armées, Florence Parly, évoquait quelque 600 civils et militaires infectés au sein de tous les corps d’armée.

Peu d’analogie avec le porte-avions américain

En tout cas, le voyage du Charles de Gaulle devrait être plus serein que le débarquement sur l’île de Guam dans le Pacifique des troupes du porte-avions américain USS Theodore Roosevelt. L’affaire a tourné au vrai bras de fer politique. Le secrétaire d’Etat de la Défense américain, Mark Esper, a annoncé mardi la démission du secrétaire à l’US Navy Thomas Modly. Celui-ci était responsable du limogeage du capitaine du porte-avions, Brett Crozier, à qui il était reproché d’avoir averti, avec trop de publicité, de la présence du virus à bord.

Brett Crozier voulait débarquer d’urgence ses hommes sur l’île de Guam, ce que refusait la hiérarchie de la Navy, qui aurait préféré ne débarquer que les malades. Elle a finalement évacué le porte-avions, mais révoqué le commandant Crozier, au grand désaccord de l’équipage et de la majorité des Américains. L’actuel sous-Secrétaire à l’Armée de terre, Jim McPherson, devient secrétaire à la Navy par intérim.

https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/coronavirus-contamination-mysterieuse-sur-le-porte-avions-charles-de-gaulle-1193362

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