Avec le confinement, la livraison par drones espère décoller

Les livraisons de Wing, la filiale d’Alphabet, ont doublé depuis le début du confinement. En France, plusieurs années seraient nécessaires pour une véritable démocratisation.

Technologie phare des œuvres de science-fiction du siècle dernier, la livraison par drones voudrait profiter du confinement généralisé pour investir peu à peu notre quotidien. Depuis quelques années déjà, elle ne tient plus du simple fantasme. Wing, filiale du géant Alphabet, a obtenu l’autorisation d’effectuer des livraisons par drones à Helsinki (Finlande), Canberra (Australie), et en octobre 2019, à Christianburg, Virginie (Etats-Unis).

Wing, UPS et Amazon

Dans cette dernière ville, la filiale note que le nombre de livraisons depuis le confinement a doublé. En plus d’un partenariat avec une pharmacie, Wing s’est également associé avec une boulangerie et un café, qui ont depuis remarqué une importante hausse des ventes. «Cette technologie est particulièrement utile alors que les gens sont confinés chez eux et qu’il est nécessaire de limiter les contacts humains», affirme un porte-parole.

Aux Etats-Unis, la livraison par drones est cependant encore soumise à de strictes réglementations. Avec Wing, seule l’entreprise UPS est autorisée à expérimenter cette méthode de livraison. Amazon travaille également sur le sujet, via son service Prime Air. De nombreuses sociétés américaines de taille plus modeste voudraient elles aussi pouvoir proposer leurs services en cette période de crise. Zipline, une start-up californienne qui livre du matériel médical par drones en Afrique, a indiqué dans un tweet qu’elle souhaitait «servir son pays» et attendait «le feu vert».

Une technologie «inéluctable»?

En France aussi, la technologie commence à séduire. Le transporteur DPD, du groupe La Poste, a ouvert à ce jour deux lignes de livraison par drones, avec l’autorisation d’en effectuer une par semaine. La première dans le Var, depuis 2016, et l’autre en Isère, pas plus tard qu’en septembre dernier. Jean-Luc Defrance, chargé de cette technologie chez DPD, ne cède pour autant pas à l’emballement. «Nous faisons énormément de tests pour obtenir des résultats sécurisés, ces engins volants comportent de fortes contraintes», reconnait-il. «La livraison par drones peut être une véritable alternative dans certaines zones en particulier, comme en montagne ou dans les îles. Mais pour la voir se développer, il faudra encore attendre quelques années».

Les entreprises françaises spécialisées dans la confection de drones sont malgré tout optimistes. «Même s’il faut encore mettre en place les infrastructures nécessaires, ce type de livraison va devenir inéluctable», assure Christian Viguié, PDG de Deltadrone, l’un des leaders du secteur. «La crise du coronavirus va complètement bouleverser l’organisation mondiale. Si les mesures de confinement se multiplient face à des dangers divers, la livraison par drones sera une réponse adaptée».

https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/avec-le-confinement-la-livraison-par-drones-espere-decoller-20200416

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