Quand on cherche des torrents sur Google, on en trouve

Lorsque l’on tape les bons mots-clés, Google mettra des sites de téléchargement et de streaming illégaux en avant dans ses résultats de recherche, relève TorrentFreak. D’accord, mais ce n’est pas vraiment un scoop.

Attention, voilà qui va vous surprendre : si vous cherchez des sites de téléchargement de torrent sur Google, le moteur de recherche vous en proposera ! C’est là l’étonnante découverte du site américain TorrentFreak.

Plus sérieusement, et sans faire de mauvais esprit cette fois, ce dernier explique qu’en recherchant « best torrent sites » (« meilleurs sites de torrent ») sur Google.com (la version US), c’est une liste de plusieurs plateformes « populaires », dont Rarbg, Torrent Project ou encore The Pirate Bay, qui est mise en avant dans les résultats. Pire, quand on tape « streaming sites », le moteur de recherche propose, à côté des Hulu, Crackle et autres sites légaux, une flopée de plateformes proposant des contenus illégaux, comme Putlocker ou Popcornflix.

Ce dernier cas est plus problématique car, comme le précise TorrentFreak, les internautes cherchant des sites de torrent savent (logiquement) qu’ils auront accès à des œuvres piratées, alors qu’un internaute cherchant du streaming peut le faire sans mauvaises intentions et être redirigé vers un site illégal. La situation est même pire en France car si vous tapez « streaming » sur google.fr, vous n’aurez même pas de plateformes légales dans les résultats (rappelons qu’ils sont élaborés par un algorithme, de manière automatisée).

Google face à l’hydre du piratage

Pourtant, les ayant droit de l’industrie du cinéma mettent régulièrement la pression à Google pour que le géant déréférence les sites donnant accès à des œuvres protégées par le droit d’auteur. En vertu de la loi DMCA, ils peuvent déposer des plaintes et ainsi contraindre le géant à déréférencer des URL. Mais alors, pourquoi est-ce toujours si facile de trouver des sites de streaming et de téléchargement illégaux sur Google ?

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Et bien parce que dans ce combat, Google est face à une véritable hydre. D’abord, l’offre d’œuvres piratées est tout simplement monstrueuse. Ensuite, si vous parvenez à faire déréférencer une URL, voire même fermer un site mettant des œuvres piratées à la disposition des internautes, celui-ci n’aura qu’à changer de nom de domaine pour réapparaître, en témoigne Zone Téléchargement, remis en ligne et sur Google très peu de temps après sa fermeture par les autorités. Et puis même s’il ne réapparaît pas, il y a de fortes chances de voir des clones prendre le relais, comme ce fut le cas pour Full Stream. En outre, quand un leader tombe, la concurrence peut s’en donner à cœur joie : le streaming et le téléchargement illégaux n’ont jamais été aussi florissants que depuis la mort de Megaupload en 2012. Bref, coupez une tête et il en repousse deux.

DMCHack

Notez aussi un autre élément intéressant : le paradoxe des requêtes DMCA. Quand un internaute effectue une recherche Google et que certains résultats ont été supprimés en raison d’une plainte, Google le signale dans un petit texte situé en bas de page. Sauf que dans le détail des plaintes, le moteur donne les URL supprimées, ce qui permet finalement d’accéder aux sites pirates, un comble.

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En somme, quoi qu’on pense des efforts de Google en matière de lutte contre le piratage, force est de constater que le géant californien est face à une tache herculéenne. Et puis à quoi bon s’émouvoir en 2017 du fait que l’algorithme du moteur de recherche intègre des sites illégaux dans les résultats, cela a toujours été le cas et cela risque de continuer encore un bon moment.

 

 

Source: cnetfrance.fr

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