Les candidats au rachat de Twitter renoncent un à un

Ni Disney, ni Google ne formuleront d’offre. L’action chute en Bourse de plus de 15%. Des propositions formelles pourraient être formulées dans le courant du mois.

Google et Disney s’en tiendront au rôle de spectateurs. Pressentis comme candidats au rachat de Twitter, ils ne déposeront ni l’un ni l’autre d’offre formelle, a indiqué mercredi soir le site Recode. Apple ne serait pas non plus intéressé. L’action du site perdait près de 16% jeudi à l’ouverture de Wall Street, à la suite de cette annonce.

Google et Disney figuraient parmi les candidats les plus crédibles à un rachat. Tous deux se sont bel et bien penchés sur le dossier. Google, aidé par la banque d’investissement Lazard, a étudié cette opportunité. Il utilise déjà les tweets pour enrichir son moteur de recherche, et disposer de signaux en temps réel. Google a par ailleurs accumulé plusieurs ratés dans l’Internet social, où Twitter demeure bien positionné.

La direction de Disney a également examiné l’idée d’un rachat. Twitter s’oriente vers la diffusion de vidéos en direct. Il a noué un partenariat avec la ligue nationale de football américain cette année, et retransmet des rencontres depuis le mois dernier. Disney aurait pu vouloir se servir du site comme d’un canal de distribution supplémentaire. Et le PDG et cofondateur de Twitter, Jack Dorsey, siège à son conseil d’administration.

Une décision d’ici à la fin du mois

Avec ces deux retraits, ainsi que celui d’Apple, qui ne s’engagerait pas plus avant, plusieurs géants des médias et des nouvelles technologies ont décidé de passer leur chemin. Le nom qui revient le plus souvent reste celui de Salesforce, qui refuse de se prononcer sur le sujet. Des fonds d’investissement pourraient aussi sortir du bois. La capitalisation boursière de l’entreprise avoisine les 17 milliards de dollars.

Le conseil d’administration de Twitter, qui a le devoir d’agir dans l’intérêt des actionnaires, souhaiterait se prononcer d’ici à la publication de ses résultats trimestriels, le 27 octobre. Des désaccords sont réapparus entre Jack Dorsey, qui a fait son retour aux commandes de la société à l’été 2015, partisan de continuer l’aventure en solitaire, et d’autres dirigeants, plus portés vers une vente de tout ou partie de la société.

Un intérêt pour les professionnels

Après une période de forte croissance, l’activité de Twitter fait du surplace. Le service est fréquenté par 313 millions d’utilisateurs en moyenne chaque mois. Il est non seulement distancé largement par Facebook et son 1,71 milliard de membres actifs, mais s’est aussi fait dépasser par deux applications mobiles plus récentes, Instagram et Snapchat. Ces dernières commencent à avoir la faveur des annonceurs.

Twitter doit gérer la désaffection de ses anciens membres, tout en en recrutant de nouveaux. Les changements apportés sur le produit au cours des derniers mois, comme l’ordonnancement des tweets en fonction de la pertinence et non de leur date de publication, à la manière sur Facebook, n’ont pas encore donné les résultats escomptés.

L’entreprise cherche à adapter son discours, et à s’affirmer comme source d’information pour les professionnels. «80% des questions posées aux marques le sont sur Twitter», a mis en évidence Damien Viel, directeur général de Twitter France lors du HUBFORUM qui se tenait à Paris cette semaine. Des arguments qui pourraient justement expliquer l’intérêt de Salesforce.

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