Facebook veut bloquer les bloqueurs

Réseaux sociaux.

De plus en plus d’internautes utilisent un logiciel pour se protéger des publicités en ligne. Facebook a décidé de contre-attaquer.

L’argent, c’est le nerf de la guerre et, dans la nouvelle économie, l’argent, c’est la publicité. Une publicité devenue si invasive et intrusive que de plus en plus d’internautes s’en protègent en ayant recours à des bloqueurs de publicités ou « ad blockers ». Une parade intolérable pour le réseau social Facebook qui, en 2015, a tiré de la publicité 16 Mds€ de revenu, en hausse de 30 % par rapport à 2014. L’entreprise dirigée par Mark Zuckerberg vient donc de relancer les hostilités pour imposer la pub sur ses pages, en diffusant, lundi dernier, un communiqué qui résonne comme une déclaration de guerre. « Nous sommes déçus par les compagnies bloquant les publicités car leurs nouvelles tentatives [ d’amélioration du blocage] empêchent aussi l’affichage des messages d’amis et de certaines pages », expliquait la firme américaine en annonçant des mesures.

Guerre des codes

Dès mardi, la firme du milliardaire Mark Zuckerberg a confirmé avoir introduit une ligne de codes informatiques dans son programme afin de contourner les blocages. « Facebook a pris le chemin noir », a aussitôt protesté Ben Williams, le patron de Adblock Plus, ABP, leadeur du secteur des logiciels antipubs. Jeudi, Ben Williams criait victoire en annonçant que « deux jours ont suffi » à la communauté informatique pour contrer l’initiative de Facebook. Las : quelques heures plus tard, la firme américaine fanfaronnait à nouveau en assurant avoir réussi à ériger de nouvelles barrières.

« Ne serait-il pas temps de cesser ce jeu du chat et de la souris, qui a une décennie de retard », a réagi Ben Williams en appelant Facebook à « consulter ses membres » plutôt qu’à leur imposer « une publicité que beaucoup refusent ».

Etait-ce là le dernier round d’une bataille sans fin ? En tout cas, Facebook vient d’annoncer qu’il allait mettre en place un dispositif pour permettre à ses membres de choisir eux-mêmes les publicités qu’ils acceptent de voir s’afficher. Un compromis dont Facebook, mais aussi les autres acteurs du Net ne pourront faire l’économie.

Les internautes exaspérés par les publicité

En effet, selon la start-up Pagefair, qui vient de publier une étude sur le sujet, 419 millions d’internautes dans le monde disposent déjà d’un bloqueur de pubs sur leur smartphone et près de 200 millions en ont installé un sur leur ordinateur. Preuve, s’il en fallait, du ras-le-bol de l’excès de pub sur la Toile. Un coup dur aussi pour l’économie digitale : les pertes de recettes générées par ce recours aux adblockers ont été évaluées à 21 Mds€ l’an dernier. Une vraie tuile pour les acteurs du Net, dont la presse en ligne, car tous comptaient sur le développement du mobile pour relancer leur activité.

Déjà des mesures de rétorsion

Parce que l’argent de la pub est vital, des acteurs majeurs du secteur ont déjà réagi, comme le « New York Times » aux Etats-Unis, ou encore « Bild », « GEO » et « Gala » en Allemagne, qui exigent dorénavant des internautes utilisant des bloqueurs qu’ils s’abonnent pour accéder à leur site. En France, l’association le Geste, qui regroupe plusieurs médias (dont « le Parisien » – « Aujourd’hui en France »), a organisé en mars dernier une semaine de sensibilisation pour faire comprendre aux internautes que la gratuité d’accès aux sites a une contrepartie : la pub. La vraie question reste : à quelle dose ? La semaine qui vient de s’écouler rappelle l’urgence de débloquer la situation pour rendre la publicité plus supportable.

Source: Le Parisien

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