Adobe annonce la fin de son logiciel emblématique Flash Player

Figure historique du Web, Adobe Flash Player permet depuis 21 ans d’accéder à du contenu multimédia sur Internet. Souvent critiqué, puis progressivement remplacé, il disparaîtra définitivement en 2020.

Après la mise à l’écart de Paint, c’est au tour d’Adobe de tourner une page de l’Histoire de l’informatique. Figure emblématique du Web dans les années 2000, le plugin Flash Player permet aux internautes de regarder des vidéos ou d’accéder à des contenus interactifs comme des jeux ou des diaporamas. Il sera néanmoins abandonné par les principaux navigateurs Internet d’ici à 2020. L’entreprise Adobe, qui a lancé Flash en 1996, a appelé mardi les créateurs de contenus à migrer vers de nouveaux formats ouverts, désormais majoritaires. C’est notamment le cas de l’HTML5, qui ne nécessite aucune installation pour fonctionner. Cette annonce fait suite à une collaboration avec les principaux acteurs de l’informatique qui accompagneront Adobe et leurs utilisateurs dans cette transition.

Sur les réseaux sociaux, la disparition de Flash a tout autant ému que celle de Paint, mais d’une manière différente. Les utilisateurs sont plus soulagés que tristes de voir le programme disparaître.

Descente aux enfers

La popularité de Flash Player s’est progressivement effondrée à cause de grosses failles de sécurité. Certaines ont permis à des hackers de pirater des webcams ou de voler des données personnelles. Une réputation d’autant plus aggravée que nombre de virus imitaient l’apparence de Flash Player pour s’installer sur des PC. Flash Player est passé d’un plugin indispensable à un programme à éviter. Depuis 2016, Google Chrome, le navigateur le plus utilisé au monde, requiert une autorisation de l’utilisateur avant de démarrer un contenu Flash. Google avait également remplacé le lecteur Flash de YouTube par du HTML5. Apple et Microsoft pratiquent les mêmes mesures de sécurité dans leurs navigateurs Safari et Edge depuis quelques années déjà. Dans un communiqué publié mardi, Google précise avoir vu la proportion de ses utilisateurs visitant un site Flash chaque jour passer de 80% à 17% en 3 ans.

Si les failles de sécurité ont contribué au déclin de Flash Player, d’autres facteurs expliquent sa chute. Le plugin n’a jamais réussi à trouver sa place sur mobile. Absent des smartphones et des tablettes, Flash a disparu de la majorité de sites multimédia, préférant des solutions multiplateformes comme l’HTML5. En avril 2010, alors qu’Adobe tentait de faire pression sur Apple pour proposer Flash Player sur les iPhone et iPad, Steve Jobs a publié une lettre ouverte assassine au sujet du programme. «Peut-être qu’Adobe devrait se concentrer sur la création d’outils en HTML5, plutôt que de critiquer Apple qui laisse le passé derrière lui», concluait-il.

Surfant sur la guerre opposant Adobe et Apple, Google a d’abord proposé Flash Player sur ses smartphones et tablettes Android. Devant un désintérêt des utilisateurs et une multiplication des failles de sécurité, il a finalement mis fin au support de Flash pour Android en 2012.

Dans les minutes suivant l’annonce d’Adobe, MicrosoftGoogleApple et Mozilla ont envoyé leurs communiqués respectifs saluant la décision de leur partenaire et détaillant leur programme. Google et Microsoft désactiveront progressivement par défaut Flash Player avant de le bannir définitivement en 2020. «Les utilisateurs d’Apple ont pu profiter d’un Web sans Flash depuis quelque temps déjà», a commenté Apple, non sans ironie. De son côté, Adobe continuera à fournir des corrections de sécurité à Flash Player jusqu’en 2020, où il abandonnera définitivement son plugin.

 

source:lefigaro.fr

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